Bonjour à tous,

Alors qui dit rentrée, dit aussi rentrée littéraire (enfin l’odeur du papier neuf c’est pour ma part le plus grand des rapports). Et donc j’avais envie de vous parler, une fois n’est pas coutume, de mes lectures préférées de ces derniers mois.
L’été est passé ou presque, emmenant avec lui quelques nouveaux ouvrages qui je ne vous le cache pas, m’ont fait battre très fort mon petit coeur de lectrice BD.

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Tout d’abord, je vais commencer par le type de livre qui fait du bien, Cher corps de Léa Bordier (édition Delcourt/Mirage) qui est l’enfant de papier de la chaine Youtube du même nom. J’ai découvert Léa Bordier lorsqu’elle travaillait chez Madmoizelle, et c’est là qu’elle a eu l’idée d’interviewer des femmes de toutes origines, tous âges et surtout toutes les morphologies, afin de recueillir leurs impressions sur leurs corps, le rapport qu’elles entretenaient avec et le parcours vers une forme d’acceptation de celui-ci. La démarche s’inscrit donc définitivement dans une lignée body positivist (tous les corps sont beaux, qu’ils répondent aux standards de beauté ou non) et c’est vraiment tout ce qu’il faut et qui fait du bien, surtout avant l’été.

La version bande dessinée se place bien évidemment dans la continuité de cette initiative, et met en avant différentes histoires de femmes sous les traits de divers artistes. Parmi ces dessinatrices de talent, beaucoup s’illustrent déjà (vous l’avez?) autour de ces sujets, comme par exemple Marie Boiseau ou encore Cy (Le vrai sexe de la vraie vie) qui n’hésitent au quotidien à dénoncer les stupides injonctions imposées aux femmes particulièrement. Un autre illustratrice que j’adore et qui a participé au projet : Mirion Malle, qui est si forte dans la vulgarisation de notions féministes et qui a publié le Commando Culotte ou encore Ligue des Super-féministes (album jeunesse que je recommande ++).
En bref, un petit bijou de sensibilité illustré par des artistes féminines de talent. Un travail à encourager qui est synonyme de bienveillance et de sororité. Parce que l’empathie est à mon sens la première étape vers l’acceptation, et c’est aussi une notion trop étrangère à notre société actuelle.

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Le second ouvrage se place dans la même veine que le magnifique tome 1 de L’âge d’or dont je vous avais parlé, définitivement un coup de coeur visuel (et de palette chromatique) qui a provoqué tout le reste. Et cette fois ce n’est pas l’oeuvre de Cyril Pedrosa, mais bien de Stephane Fert avec Peau de Mille Bêtes (édition Delcourt) que je vous présente.
C’est une adaptation graphique du conte
Toutes-Fourrures (ou Peau de Mille Bêtes) dont l’origine m’était inconnue, bien que faisant partie des contes publiés par les frères Grimm. Il va s’en dire en parcourant le récit que ce modèle archétypal de récit n’est pas sans rappelé une version plus cruelle encore que Peau d’Ane.

Il faut savoir que j’ai une affection toute particulière pour la version cinématographique de Peau d’Ane par Jacques Demy (exception faite pour la scène de l’hélicoptère que j’essaye toujours d’occulter de ma mémoire) et je suis une grande fan des musiques de Michel Legrand. Forcément la comparaison était donc facile -et même amusante- avec mon oeil éclairé. Aussi relation incestueuse, sorcière/fée auxiliaire qui organise la fuite et habits de peaux, sont des éléments qui parlent assez facilement dans ce contexte narratif.
Mais au delà de l’aspect purement historique et littéraire, je trouve qu’il s’agit avant tout d’un hommage au récit d’origine sans pour autant perdre de vue une modernisation évidente du scénario (que je trouve hyper fin pour le coup). Aussi j’ai cru lire entre les lignes des questionnements sur le genre, la bestialité de la sexualité féminine -chose complètement occultée de la culture populaire commune-… Plus globalement je pousserai même la conclusion en présentant cet ouvrage comme une ode à la liberté féminine, sa force, et sa capacité de prendre son destin en main. Un conte de prince et princesse définitivement moderne en somme.

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Et pour le dernier livre, c’est mon coup de coeur de ce mois de septembre. Celui que j’ai eu la chance de trouver dans ma librairie juste avant mon départ pour Vichy : La boite de petit pois de Giedré et de Holly R. (édition Une case en moins). Je connaissais le travail décalé de Giedré qui est une chanteuse parodique avec une gueule d’ange et la poésie de camionneur. C’est elle qui est à l’origine du scénario de cette bande dessinée, inspirée par son histoire personnelle et surtout les récits de sa famille ayant connu le régime communiste en Lituanie. Du côté de l’illustration j’ai aussi eu un monumental coup de coeur pour le style de Hollly R. (R faisant référence au Rectum, elles étaient faites pour collaborer!!). Après avoir discuté avec elle, j’ai d’ailleurs découvert qu’elle habitait non seulement Nantes, mais aussi qu’elle allait débuter son apprentissage de tatouage dans le salon d’une de mes tatoueuses chouchoutes de Nantes…le monde est si petit !!
Bon et sinon ce récit a été une vraie claque et je trouve que cette collaboration était absolument parfaite. Le ton enfantin du récit de Giedré, qui parle avec ses yeux d’enfant de la vie en URSS, combiné avec les dessins aux crayons de couleurs se marient extrêmement bien ! Par beaucoup d’aspects ce livre m’a fait pensé à
Pyong Yang de Guy Delisle (c’était d’ailleurs le premier article Lecture que je vous écrivais par ici !!), avec les anecdotes qui isolées peuvent paraître insignifiantes ou tout au moins ressembler à de petits dysfonctionnements du quotidien, mais en réalité mises bout à bout illustrent très bien des dérives du régime totalitaire.

Cela m’a aussi beaucoup fait penser à mon amie Stefka et sa maman, qui ont quitté la Bulgarie à la fin des années 90 (si je ne dis pas de bêtises). J’ai toujours trouvé étonnant le cynisme avec lequel elles parlaient du communisme (voire même du socialisme en général), mais ce livre m’a ouvert les yeux sur des éléments culturels et des clefs de compréhensions que je ne pouvais pas avoir : le poids du quotidien. On en parle si peu dans les cours d’Histoire, et je trouve ça terriblement dommage ; car quitte à se considérer comme européens, pourquoi ne pas pousser la démarche jusqu’au bout et ne pas fermer les yeux en considérant finalement que c’est trop loin (géographiquement) de nous pour nous y intéresser?

Voilà c’est tout pour aujourd’hui. N’hésitez pas à me faire vos retours, à me parler également de vos dernières lectures, je serai ravie d’en découvrir un peu plus sur ce qui vous plaît.
Prenez soin de vous et bonne lecture !

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