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Parmi les livres que j’ai acheté ces derniers mois, il se trouve qu’il y en a un certain nombre qui parle de sujets liés au féminisme. Ce sont des albums qui permettent de s’initier à des thématiques différentes.

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1- Je vais d’abord commencer par vous présenter mon livre de Janvier, qui se trouve être aussi celui qui aborde les différents concepts de façon assez globale. C’est un petit livre par son format, mais il balaye de grandes clés de compréhension qui permettent de comprendre par exemple ce qu’est le genre, ou bien en quoi les violences faites aux femmes n’influencent pas seulement le cadre privé, mais aussi la société en général.

Le Féminisme (édition« Le Lombard ») est écrit par Anne-Charlotte Husson et illustré par Thomas Mathieu (le papa du Projet Crocodile) et c’est vraiment super. Ils ont vraiment bien réussi à être à la fois synthétiques dans les définitions, mais pertinents dans les arguments.

Parce que ce sujet n’est pas toujours bien perçu, qu’on considère trop souvent que la lutte pour l’égalité des sexes est inutile de nos jours, cela permet de recevoir une piqure de rappel sur les raisons pour lesquelles être féministe aujourd’hui est important. Dans ce sens, le livre débute par une notion essentielle : le constat de base qu’il y a des déséquilibres sociaux, politiques, économiques et symboliques entre le statut d’homme et celui de la femme. De ce postulat, il y a bien un féminisme (qui reconnait la dévalorisation de la femme en raison de son sexe ou de son genre), mais des moyens de lutter et des causes prioritaires différents selon les mouvances.

Là-dessus, les précisions historiques appuient sur l’importance des changements dans leurs contextes et valorisent les victoires significatives pour les droits des femmes acquis au fur et à mesure du temps.

Des citations introduisent les chapitres, et j’aime beaucoup l’analyse de la phrase de Beauvoir (souvent prise à contre sens) « On ne naît pas femme, on le devient. ». Cette partie traite de la construction sociale et culturelle de l’image de la femme et du fait qu’un enfant, au delà de son identité sexuelle, n’a pas d’attitude prédéfinie. C’est d’ailleurs l’occasion d’introduire également un des sujet qui m’intéresse tout particulièrement à savoir la nuisance du sexisme dans la publicité.

J’aimerais d’ailleurs aussi faire une mention spéciale pour l’introduction aux notions  d’afro-féminisme qui m’a fait gagner des clés de compréhension supplémentaires sur le sujet. C’est avant tout un état des lieux sur les traitements doublement excluant des femmes noires, qui subissent à la fois le sexisme et le racisme.

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2- J’ai toujours été une grande passionnée d’Histoire, seulement j’ai aussi ressenti une certaine forme de frustration de n’avoir pas vraiment de grandes figures historiques à qui m’identifier. On nous parlait plus de Pasteur que de Curie par exemple, et dans les livres d’Histoire les femmes présentes pouvaient se compter sur les doigts d’une main.

C’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui dans les rayons de librairies, et j’ai pu le constater alors que je cherchais des livres pour mes nièces. Les rares personnages féminins forts appartenant à une réalité historique que j’ai pu trouver étaient en réalité plus mythifiées que glorifiées pour leurs prouesses (contrairement aux homologues masculins). Ainsi on retrouve Marie-Antoinette, la si sophistiquée Reine connue pour avoir presque à elle seule provoqué la révolution française suite à ses caprices, ou encore Cléopâtre la Reine croqueuse d’homme qui a joué de ses charmes pour conserver le pouvoir.

En bref, pas des portraits forcément très nuancés, ni très bénéfiques dans le cadre de la socialisation du genre (* le fait d’apprendre culturellement à se comporter, à parler, à se tenir, à penser selon son genre).

J’ai donc été plus que ravie de découvrir (d’abord sur le blog du Monde) Les culottées de Pénélope Bagieu. On m’a ensuite offert successivement les tomes 1&2 (édition « Gallimard »). Les albums retracent la vie de femmes, aux noms pas forcément très connus, mais qui ont en commun d’avoir eu des destins exceptionnels en choisissant de ne faire que ce qu’elles voulaient, au-delà des conventions sociales et des pressions extérieures.

Certaines histoires sont vraiment dures et nous laissent un goût amer dans la bouche (comme l’histoire de Phulan Devi qui m’avait totalement retournée), mais il y a aussi des grandes leçons d’acceptation de soi dans les plus petites actions de certaines.

Je pense que ça peut être des histoires vraiment salutaires pour des petites filles, des graines à planter pour les aider à avoir confiance en leur destin et à avoir de l’ambition pour faire ce qu’elles ont envie de faire.

 

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3- Je continue sur le thème des coups de coeur visuels (on ne se refait pas), aussi j’aimerais vous parler d’une bande dessinée hyper cool, et c’est Heidi au printemps de Marie Spénale (édition « Delcourt » ).

Les illustrations sont super mignonnes (j’avoue avoir eu une révélation pour la couverture), ce qui n’empêche pas de parler de sujets sérieux. Il s’agit à la fois d’évoquer l’émancipation (surtout de la figure paternelle) et aussi la découverte de la sexualité chez l’adolescente.

Cette Bd peut être classée parmi les lectures érotiques, et s’inspire du personnage d’Heidi, la blondinette des montagnes qui apparait à un âge inédit, celui de l’adolescence, au moment notamment où les hormones commencent à titiller l’esprit.

Je trouve intéressant d’avoir présentée un personnage féminin entreprenant dans la découverte de ses désirs physiques, mais pas cliché et surtout touchant dans ses questionnements et autres aventures sexuelles.

Le sujet de la sexualité féminine est souvent tabou, et là où la découverte est encouragée pour les garçons (dans les médias, films, livres, chansons…), c’est souvent volontairement tu pour les filles. Marie Spénale prend le contre-pied et ça fait du bien !

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4- Pour rester sur le même sujet, j’ai lu le plus bavard Libres écrit par Ovidie, et illustré par Diglee (édition « Tapas » ). C’est ici plus écrit sous la forme d’essai sur le thème de la libération du corps de la femme et de sa sexualité, ponctué de chouettes illustrations et autres mises en situation du sujet du chapitre.

Je l’avais annoncé sur Instagram, ce livre est mon favori  du mois de Novembre. Ce petit bijou d’écriture et d’illustration, m’a fait beaucoup de bien. C’est très déculpabilisant sur tous les sujets, que ce soit son rapport au corps et la représentation des standards de beauté, le tabou des menstruations, ou bien la pratique (ou non) d’actes sexuels.

Ce qui est génial c’est le ton utilisé, qui n’est ni dans la moralisation, ni dans l’incitation abusive. C’est clair, ça laisse le choix, et ça permet d’aider à assumer ses envies tout en comprenant le mécanisme de pression sociale qui était mis en place autour de ses décisions.

Ça parle de la sexualisation à l’excès des femmes et de leurs corps, et des injonctions que cela entraine (« il faut s’épiler », « il faut avoir les fesses musclées », « il faut faire bien conservée pour son âge », etc…), et ça démystifie également des pratiques sexuelles qui ne doivent pas être seulement orientées comme un privilège masculin, mais bien un partage des réjouissances.

 

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5- Le dernier livre à vous présenter n’est pas le plus rigolo, mais c’est important de continuer à être sensibilisé.e.s au thème du harcèlement et des violences faites aux femmes.

Il s’agit d’une traduction de l’anglais du recueil de Maria Stoian (édition « Steinkis»). L’album s’intitule Tu pourrais me remercier, en hommage à cette phrase qu’ont entendu beaucoup de femmes notamment dans le cadre du harcèlement de rue.

Là encore le sujet est synonyme de beaucoup d’interprétations erronées. Il ne s’agit pas de bannir définitivement la drague ou autres actes de séduction, mais bien de prévenir les abus subis par les femmes dans le cadre de leurs déplacements urbains (je dis urbain mais ça peut s’étendre à tout comportement abusif quand un lieu public).

Il n’est pas normal de recevoir des commentaires sur son physique ou ses vêtements lorsque l’on se balade sans rien demander. Il faut comprendre que même un compliment peut être mal pris par la personne, pour qui il peut paraître déplacé de s’immiscer dans sa sphère intime sans son consentement. Son corps et sa personne n’appartienent pas au domaine public dès lors qu’ils apparaissent dans un lieu justement public.

Quand on comprend  les bases de ce concept, il est justement plus facile de repérer les autres comportements abusifs (verbaux, physiques) et les mécanismes de justification qui découlent des agresseurs.

Ce livre réunit différentes anecdotes, avec des traitements graphiques variés, et surtout des voix de femmes et d’hommes de tous âges. C’est une façon de rappeler que les victimes ne sont jamais à l’origine de leurs agressions. Un vêtement, une coupe de cheveux, un service rendu ou une relation, ne sont jamais des excuses pour justifier une agression.

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J’espère que cette article vous aura plu, et peut-être donné quelques idées. Il est à mon sens important de pouvoir se faire sa propre opinion sur les choses, et je ne connais pas franchement mieux que de croiser ses lectures. Un esprit ça se nourrit et ça évolue, mais pas tout seul !

Un commentaire sur « Une « petite »sélection de livres féministes »

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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